Lettre de VO aux autorités pour la signature du décret de création d'une réserve marine

L'association Vie Océane a adressé hier une lettre au Président de la République (c.f. annexe de ce billet) pour accélérer la signature du décret de création d'une réserve marine à La Réunion. Il faut reconnaître que l'État ne semble pas y mettre du sien. Voilà près de 2 ans que ce décret aurait dû être signé. Et cela après 10 ans de vie de l'association Parc Marin et malgré la prise en main du dossier par la DIREN en 2000.

Il a fallut du temps pour atteindre un certain niveau de concertation (conflits politiques, d'usagers, etc.) mais cela fait déjà des mois que ce
consensus est atteint, d'autant que le nouveau responsable du Parc fait, cette fois, l'unanimité. Bref, 7 ans après que l'État via la DIREN Réunion ai instruit le dossier, il n'y a toujours aucun décret de signé. Du coup, la question est : Pourquoi ?

Quelques réponses possibles :

1. Parce que personne n'est encore vraiment prêt

En effet, il va falloir encore quelques mois pour que le Parc Marin puisse être véritablement opérationnel en terme de logistique. Les autorités en charge du braconnage (Gendarmerie Maritime, Affaires Maritimes et Brigade Nautique) sont quant à elles toujours dans le flou et ne se sont pas encore mises d'accord. Mais aussi parce que le consensus est encore frais entre cons- et pros-réserve (tous usagers du récif) et qu'il est à consolider. Et que dire du cessez-le-feu politique autour de cette réserve ?

2. Parce qu'avec la montée de l'urbanisme dans l'Ouest, la mort du "lagon" est d'ores et déjà programmée

Ne nous voilons pas la face, avec en prime l'arrivée de la Route des Tamarins, la cadence des bétonneurs de tous poils s'emballe et cet urbanisme effréné ne va pas de pair avec une bonne santé récifale. Surtout dans notre contexte d'île volcanique jeune, soit un arrière-récif ("lagon") de taille réduite et de fortes pentes des bassins versants. Pas besoin d'être visionnaire : à moins d'un changement radical dans l'aménagement de l'Ouest, il n'y aura bientôt plus d'arrière-récif ("lagon") et de platier dignes de ce nom. Hélas comme ailleurs pour d'autres récifs : à Maurice ou Rodrigues les activités humaines n'ont souvent laissé de chance (relative) qu'à la pente externe.

3. Parce qu'une réserve marine rapporte moins qu'un projet immobilier

Quel poids pour la conscience/action environnementale face aux constructions défiscalisées ? Les pressions sont fortes pour ne pas gêner les ambitions immobilières, tellement lucratives. Le cas de l'hôtel Boucan Canot est frappant, sa mise en place s'assoit sur la Loi Littoral (certe criticable mais posant d'heureuses limites, limites qui ont visiblement été "oubliées" à Boucan) avec, en prime, des plaques à l'entrée de l'hôtel pour saluer l'aide de l'Europe et de la Région. Dur à avaler.

Quoiqu'il en soit, la création et la réussite d'une réserve marine à La Réunion sont bien sûr très attendues car allant dans le bon sens, même si, parfois (moments de découragement ou de lucidité, c'est selon), cela donne l'impression d'un pansement sur une jambe de bois. Tous les usagers (j'ai dit tous !) du récif doivent être prêts à faire des efforts... en gardant à l'esprit que le salut du "lagon" ne peut venir que d'un changement politique drastique, c'est-à-dire mu, entre autre, par une conscience écologique forte.

Commentaires

1. Le vendredi 23 février 2007, 14:14 par Yannick

Ca y est, le décret a été signé:

http://www.legifrance.gouv.fr/WAspa...

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