Outre la citation de Glenn Greenwald (le journaliste qui - entre autre - a aidé Snowden) :

Il y a une raison pour laquelle l’intimité est si importante pour tous et de façon instinctive […] : quand nous sommes surveillés, écoutés, notre comportement change du tout au tout. […] Une société dans laquelle les gens peuvent être surveillés à tout moment est une société qui pousse à la conformité, l’obéissance et la soumission, et c’est pourquoi tous les tyrans recherchent un tel système. À l’inverse, et c’est plus important encore, c’est uniquement dans le cadre de la vie privée, de l’intimité, quand nous avons la possibilité d’aller quelque part où nous pouvons penser, raisonner et interagir sans le jugement ni le regard des autres, que nous pouvons explorer, être créatifs et exprimer notre dissidence. C’est pourquoi, si nous acceptons de vivre au sein d’une société dans laquelle nous sommes surveillés en permanence, nous acceptons de fait que l’essence de la liberté humaine soit complètement bridée.

La surveillance de masse crée une prison dans l’esprit qui est bien plus subtile mais bien plus efficace pour favoriser la conformité aux normes sociales, bien plus effective que la force physique ne pourra jamais l’être.

Il rapporte aussi une étude qui montre la tendance à s’auto-censurer quand on se sait potentiellement sous surveillance :

Selon le chercheur, ces résultats prouvent que la surveillance d’Internet produit un effet dissuasif, décourageant les internautes de s’informer ou de s’intéresser à des questions perçues comme sensibles ou controversées.

Ces résultats tendent à confirmer plusieurs autres recherches universitaires. En avril 2015, deux chercheurs avaient montré que le nombre de recherches Google sur certains termes sensibles avait diminué après les révélations de Snowden.